Katorheim : Gods return

Chapitre XI - Le jeu des dieux

« Os iusti meditabitur sapientiam,
Et lingua eius loquetur indicium.

La bouche du juste murmure la sagesse,
Et sa langue prononce le jugement. »

Je les voie. Je les entends, les ressens. Ils me rappellent ce que j’étais avant. Des êtres plein d’espoirs, inconscients de la dure réalité. Ils pensent pouvoir parvenir à leur but, ils pensent en être à la hauteur.
Malheureusement leur réalité à eux est bien loin de la vérité.
Ils sont entrés dans l’antre de Desmina et Robin. Ces deux êtres dont je dois supporter leur présence en permanence. En plus de sa présence à lui… Écrasante.

Déchue, enfermée, scellée, je ne suis réduite à n’être plus qu’une simple spectatrice de ce monde. Parfois je me sentirai presque devenir folle, à rire de cette misérable pièce de théâtre. Puis d’autre fois les remords m’accaparent, de moi et mon incompétence. Je n’aurai jamais dû faire chemin avec eux…

Après avoir fait passé un petit test aux nouveaux arrivants, Desmina finit par faire son apparition devant le petit groupe. Ils se présentèrent, discutèrent. Leur but était commun, sans doute pas pour les mêmes raisons, mais vu que tous souhaitaient la chute d’Azael, alors ils pouvaient bien s’entendre et éviter de s’entretuer.

« Beatus vir qui suffert tentationem,
Quoniqm cum probates fuerit accipient coronam vitae.

Qu’il soit béni, lui qui supporte la tentation,
Et après avoir été testé, il recevra la couronne de la vie. »

Ces cinq inconnus étaient invités à rester dîner. Je ne les connaissais pas particulièrement, à vrai dire sans lui, je n’aurais pas su qui ils étaient. Moi, la magie et les dieux vous savez ça n’avait jamais été mon fort, mais lui, il restait assez puissant pour savoir et comprendre. Des envoyés divins qu’ils étaient, enfin des anciens, ils avaient réussi à décevoir leur dieu. Je n’ai pas foi en eux, le seul qui n’ait jamais abandonné son disciple a réduit le continent à feu et à sang.
C’est pas plus mal qu’ils soient sans leur dieux, ils sont libre au moins.

Je les voie parler, le temps avance inlassablement, j’avais quel âge déjà ? Avant que tout ne commence ? Tout est flou et depuis je suis coincée avec lui, celui à l’origine de tout ce carnage. J’ai l’impression de devenir folle. Ni sommeil, ni fuite, ni suicide ni oubli de possible. Et eux, là-bas, ils vivent. Je les voie, eux ne se doutent même pas de ma présence, ne s’en soucient guère.
Ils vont se coucher maintenant, sauf une tien, la succube. Elle est aussi pure qu’une eau stagnante remplie de cadavres issus de la peste. Je suis donc contrainte de la voir « s’amuser » avec quelques cadavres. Tiens il y a même un bout qui y reste. Elle aura un souvenir de cette nuit au moins.
J’aurais préféré m’en passer mais bon. En fait j’aurais préféré me passer de beaucoup de chose, mais quand on n’a pas le choix qu’est-ce qu’on peut y faire ? J’ai vraiment tout foiré jusqu’au bout…

Le lendemain ils parlèrent à nouveau avec Desmina, pendant que Robin vaguait à ces habituelles occupations inutiles. Ce mot le représentait bien d’ailleurs. Inutile.

« Kyrie, fons bonitatis.
Kyrie, ignis divine, eleison.

Seigneur, source de bonté.
Seigneur, feu divin, aie pitié. »

La nécromancienne expliqua son histoire, l’histoire de cette arme, ce qu’elle faisait, comment elle vivait avec tous ces squelettes. Avec sa magie elle enleva le maléfice qui gardait les mains du nain en pierre. Elles étaient désormais brillantes, plus souples et maniables, malheureusement elles avaient perdu toutes leur affinité avec la pierre. Cela le rendait-il triste ? Au moins ces mains étaient résistantes au froid désormais. Les nains partisans d’Onyx semblaient propices aux mésaventures et à la mal chance…

Desmina leur proposa après de parler avec son dieu, Aki, dieu de la mort. Ils acceptèrent tous sauf l’être à l’apparence monstrueuse qui préféra s’occuper des enfants troll et orc. Elle semblait bien aveuglée par sa déesse, et ça croyez-moi, ça ne donne jamais rien de bon.

Les autres discutèrent, je n’ai pas pu entendre leur discussion, mais lui, si, lui il était puissant, mais il était aussi enfermé, avec moi, après tous les crimes qu’il avait commis. Qu’elle ironie. Leur dieu leur conta son dégout pour les autres dieux, leur dit qu’à eux seuls ils n’avaient la puissance nécessaire. Ils discutèrent de ces futilités de vivants là.
Quand ce furent finit les cinq compagnons de fortunes entendirent 5 noms : Thorteur, Flipette, Titi, Moter et Melspet. Je sais à quoi correspondent ces cinq mots, mais eux non. C’est pas comme si je pouvais le leur dire de toute manière. Parfois c’est reposant de n’être plus que simple spectateur, et d’autre fois c’est une torture insoutenable.

La journée s’écoula, comme toutes les autres, lui il s’agite, il sent que quelque chose à l’extérieur se trame. Eux ils ne s’en rendent pas compte, quel dommage. Si ça se trouve, demain tout sera finit.

« O quam sancta, quam serena,
Quam benigma, quam amoena esse Virgo creditur.
O quam sancta, quam serena,
Quam benigma, quam amoena,
O castitatis lilium.

Ô si sacrée, si sereine,
Si bienveillante, si agréable est cette vierge qui croit.
Ô si sacré, si serein,
Si bienveillant, si agréable,
Ô lys de pureté. »

Le matin s’est levé, déjà, et pendant que Desmina et les autres parlaient, Robin décida d’aller vérifier ses pièges, ils sonnaient et savaient que ce n’était pas un lapin.
Je savais ce que c’était, j’aimerai bien leur dire de fuir, de partir, mais à quoi bon ? Ce n’est pas comme si j’avais mon mot à dire dans cette affaire. L’homme revint, blessé, une flèche dans le flanc et les autres découvrirent que l’armée d’Azael se présentait aux portes de la cachette.

Je vis la tête de la barde perfide voler jusqu’à eux. Alors elle était morte elle aussi ? Mais au moins elle avait sans doute le droit au repos elle. Non vraiment, je n’aurai jamais dû faire chemin avec eux. Mon plus grand regret.

« Kyrie, fons bonitatis.
Kyrie, ignis divine, eleison.

Seigneur, source de bonté.
Seigneur, feu divin, aie pitié. »

Desmina leur dit où se trouvait ma très chère épée, elle fit partir les anciens envoyés divins par une cachette, par sa magie la cacha et partit se battre.
Pour la première fois depuis pas mal de temps on se déplaçait, ça changer le paysage au moins. Lui, il s’agitait, ça l’excitait, cette promesse de sang qui allait sans doute venir. Il m’oppressait, sans arrêt, sans cesse. Pourquoi avait-il fallu qu’on reste bloqué au même endroit ?

Ils marchèrent longtemps dans ce couloir, ils entendirent Desmina leur dire qu’elle ne pourra les rejoindre, que pensait-ils eux ? À sa possible mort ?
ils rencontrèrent même un cercueil, trois vampires qu’ils réveillèrent, les idiots. Ha que de bons souvenirs que de devoir combattre des vampires. Mais là ils parlèrent. Le dénommé baron ludovik, accompagné de Cara et lara apprit qu’on était en l’an 827 du 2° âge, un trois septembre, comme le temps s’écoulait lentement.

Il essaya d’obtenir le sang de la succube, la voleuse et la louve, puis partit chez les elfes de sangs. Il y avait des elfes de sangs avant ? pas dans mes souvenirs, sans doute une nouvelle lubie de l’autre elfe. Lorsqu’ils sortirent de leur tunnel, les cinq compagnons hurlèrent ensemble les cinq noms qu’ils avaient entendus plus tôt. Ils venaient de comprendre que maintenant, c’était leur remplaçant, désormais mort.

Au final ça en est presque amusant que de voir la déchéance d’autrui. Où peuvent-ils bien aller mise à part à leur propre mort ? je vous le demande… je crois que la mort ne m’a pas fait du bien. Ni son oppression à lui. Je deviens cynique maintenant, je ne devrais pas non. J’étais quelqu’un de bien avant. Enfin je crois. Tout devient flou maintenant…
Je n’ai plus qu’à cesser de penser à nouveau, et redevenir simple spectatrice, maintenant je suis aux premières loges pour observer le carnage. Cruel sont les dieux que de vouloir répéter les erreurs du passé…

« O quam sancta, quam serena,
quam benigma, quam amoena,
O castitatis lilium.

Ô si sacré, si serein,
Si bienveillant, si agréable,
Ô lys de pureté. »

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Geekosa

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